L'historique du Cercle l'Union
 

 

Le dimanche 11 août 1927, un événement n'a pas du passer inaperçu à Leval-Trahegnies.

En effet, un groupe de 91 hommes dont 84 étaient domiciliés à Leval venaient de casser leur tirelire et se sont réunis dans les locaux du patronage St Martin pour contribuer, chacun à raison de 100 francs de l'époque, à la constitution d'une société coopérative qu'ils baptisaient Cercle l'Union.

Ces hommes qui avaient certainement consacré, comme vous le verrez, de nombreuses heures à préparer leur opération ne s'étaient pas rencontré, par hasard, dans un des cafés de Leval;

Non, ces hommes étaient les dirigeants de la Fanfare l'Union qui portait déjà depuis 5 ans le titre de Fanfare Royale l'Union.

En effet, la Fanfare se trouvait à l'étroit dans un autre café de la place dont le propriétaire était Monsieur Alfred Masy, président fondateur de la fanfare en 1891 et président jusqu'en 1914, année de son décès. Ce café, s'appelait, semble-t-il déjà le Cercle.

Monsieur Masy était le patron de la première distillerie installée à Leval depuis 1884 au 31, rue de l'église; il fut également administrateur-délégué fondateur de la petite cimenterie de Cronfestu qui sera cédée plus tard à la famille Dubail.

Le nouveau président de la Fanfare, Monsieur Clovis Navez reprendra le flambeau dès la fin de la première guerre mondiale; il était brasseur.

C'est à lui, et à toute une équipe qui constituait le comité de la Fanfare en 1927 que revient l'initiative de donner, à sa société musicale, des locaux spacieux, bien éclairés, bien chauffés.

Mais ces gens avaient de l'ambition pour leur société et la lecture de l'objet social de la nouvelle coopérative va bien au delà de la seule fanfare : "La société a pour objet de procurer à ses membres un moyen de se mieux connaître, de s'organiser pour toutes les œuvres de défense sociale, politique et religieuse, de procurer des divertissements honnêtes, de développer l'art musical et dramatique. Pour arriver à ses fins, elle construira, aménagera, ouvrira et exploitera des locaux à usage de café, buffet, salle des fêtes, concerts, cinéma, écoles, jeu de balle, bibliothèque."

S'ils avaient des ambitions, la lecture de leurs professions laisse penser qu'ils avaient aussi des moyens :

Clovis Navez, je l'ai dit, brasseur à Leval,

Gustave, Gérard et Clovis Pranger, malteurs, distillateurs,

Julmart Renuart, l'architecte qui concevra les plans du café et de la salle,

Charles Pourbaix, négociant,

Augustin Hacardiaux, dont le surnom était "Rouchat la Foi", entrepreneur en construction,

Hector et Louis Wafelard, industriels,

Jean-Baptiste Rochez, négociant,

Emile Durant, électricien

Il y avait aussi des travailleurs beaucoup plus modestes : des houilleurs, des maçons, des journaliers; des tourneurs, riveurs, un jardinier et il y avait même le fossoyeur de l'époque, Arthur Meurant.

Ils avaient bien préparé leur opération : 15 jours après la création de la coopérative, le 26 août 1927, ils passaient l'acte d'achat d'un terrain de près de 35 ares pour le prix de 12.078 francs 50 centimes à Monsieur Charles Eugène Edmond Joseph Camille de Biseau de Hauteville Capitaine Commandant demeurant à La Plante Namur. C'est sur ce terrain que la grande salle sera rapidement construite.

Le 2 septembre 1927 ils passaient l'acte d'achat d'un garage situé à front de rue sur la place et du terrain y attenant et contigu au premier terrain acheté, le tout pour la somme non négligeable à l'époque de 61.000 francs. Comme ce garage n'avait pas de cave, indispensable pour un café, ils ont acheté en même temps, les caves de la maison voisine qui sont toujours aujourd'hui les seules caves dont dispose le Cercle.

Voilà pour l'histoire, ou presque puisqu'en 1971, exactement le 16 février, la coopérative a acheté une bande terrain qui s'étend du coin arrière gauche du café jusqu'au milieu de l'ancienne buvette du terrain de football, soit un terrain de 15 ares qui permettra d'améliorer nettement la partie privée réservée au tenancier et sa famille et qui permettra de construire, au fond du café, une petite salle de 50 m2 qui permet d'accueillir plus de monde les jours de grande activité mais qui permet aussi la tenue de nombreuses réunions tout au long de l'année.

Aujourd'hui; les bâtiments sont assez âgés mais l'équipe en place s'efforce, mois après mois, au fur et à mesure que les recettes le permettent de les tenir en état pour qu'ils soient toujours disponibles pour les différents groupes qui les utilisent.

Au fil de ses dizaines d'années d'existence le Cercle a été le théâtre de nombreuses activités qui ont parfois rassemblé tant de monde que l'on a dansé dans le "pas perdu" situé entre le café et la salle, on y a joué au tennis, au quilles, au jeu de bouloir mais on y a fait aussi du théâtre, des revues, de la musique, bien entendu. On y a joué aux cartes, d'ou le nom de la petite salle, voisine de la grande, que les anciens appellent le bridge.

Aujourd'hui différents groupements ont élu domicile au Cercle en plus de l'Harmonie: les Pierrots, les Tatanes Ailées, Le Val des Chansons, les Pensionnés chrétiens et l'amicale des 3 X 20.

D'autres s'y retrouvent plus occasionnellement : l'Ecole St Pierre, l'Amicale des Arbitres de football de la région du Centre, la société de gilles Les Plapids, l'Amicale des gardes de la SNCB La Louvière Sud, le Club Canin voisin …

La salle dispose d'une buvette entièrement équipée en permanence de frigos, de deux pompes à bière et de près de 800 verres. La grande et ou la petite salle peuvent disposer d'une cuisine équipée et spacieuse qui offre une grande facilité pour les traiteurs, un accès direct sur l'extérieur pour le déchargement des marchandises et du matériel qu'ils apportent.

Les administrateurs, qui faut-il le rappeler, sont tous bénévoles se sont donnés pour mission de poursuivre au mieux la gestion de la société, des locaux et d'en ouvrir toutes grandes les portes à tous, sans à priori aucun, et certainement sans distinction religieuse ou philosophique ou politique. Pour ses dirigeants, chaque idée, chaque idéal qui nourrit la démocratie est respectable et chacun est ainsi le bienvenu au Cercle l'Union, quelle qu'en soit l'occasion.